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Construction Intérieur Chapes et planchers
Paradigme

C’est un mot que je viens d’apprendre dans tout son sens. En effet je suis en train de découvrir l’ampleur de ce qu’il veut dire. Je vous laisse aller lire la définition pour ceux qui ne la connaîtrait pas ou pas bien.

J’ai commandé un plancher en chêne massif en France. Nous avons décidé de donner le travail de pose à un menuisier.

En Suisse nous utilisons du plancher ripoliné, trié, de choix quoi. Et le plancher que j’ai reçu n’est absolument pas dans le paradigme Suisse...

J’ai donc sauté sur mon clavier et j’ai envoyé un mail sec à mon fournisseur Français, dont voici un extrait :

Mon menuisier est venu hier pour le poser et au fur et à mesure que nous défaisions les paquets, nous avons constaté qu’il était inutilisable !!

Nous avons constaté que :

  1. Beaucoup de lames était mal raboté et avaient des marques de machines.
  2. Le profils des bouts ne sont pas les mêmes que les longitudinaux.
  3. On a trouvé des coups de scie profonds.
  4. Gros nœuds traversant.
  5. Les joints sont rarement à fleur.
  6. Il y a des champs mal faits.
  7. Aux jointures, on a des écarts (lames pas droites).
  8. Enormément de galeries de vers.
  9. Passablement d’aubier.
  10. De grosse taches noirâtre.

Suite de quoi, il m’a répondu que tout ce que je décrivait était justement ce qu’il vendait... Et qu’il me conseillait de le poser et que je verrais.

Effectivement en relisant le contrat, il est spécifié que c’est de la « qualité campagne ». J’ai donc regardé sur Internet ce qu’est la qualité campagne et je suis tombé sur un site qui donnait un tableau des qualités. Pour résumer, la qualité campagne admet : Tous nœuds, fendus rebouchés ou rebouchables, défauts et anomalies, fentes de cœur, gerces, cœur rouge, ronces, piqûre noire, légères traces de bois non duraminisé, ainsi que de légères imperfections d’usinage.
Soit à peu près tout ce qu’on lui reprochait...

On était à deux doigts de brûler le plancher et d’en commander un autre quand on a décidé de le poser tel quel.
Eh bien on ne le regrette pas car au final il est splendide !!!

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Pose du plancher en cours.

Avant d’huiler le plancher, j’ai bouché les nœuds. Pour ce faire, j’ai trouvé une combine dont je suis très content : J’ai fait de la sciure fine de chêne avec des déchets du plancher, puis j’ai mélangé cette sciure avec ma colle à bois super écolo à la caséine (qui elle même est en poudre). Puis j’ai mouillé le tout, et là la magie de la chimie (enfin je suppose) a opéré. Le tout est devenu un mastic brun foncé, de la même couleur que les nœuds !! Cerise sur le gâteau, il est resté un peu coulant et a donc coulé légèrement dans le nœud, ce qui atténue le « trop parfait du paradigme Suisse » et une fois sec il se ponce très bien !

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Mélange sciure de chêne et colle à la caséine.
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Et voilà la réaction.
Sans doute le tanin du chêne qui réagit à l’eau !
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