Présentation

Contact

Projet Etude
Le bois

Durant nos diverses prises de contact, nous avons eu l’adresse de quelqu’un qui fournit du « bon » bois de la région. Nous avons donc pris contact avec lui. Ce fut une belle et grande surprise que cette rencontre.

Durant nos diverses rencontres et stages en France, nous avions cru comprendre qu’un des meilleurs bois est le douglas ou le mélèze, car ils ont des propriétés naturellement résistantes (fongicide, insecticide et autres). Quand nous avons exposé cette vision à cette personne, il nous a expliqué un des fonctionnement du bois...

Ce qu’il nous a appris est qu’il y a des dates précises pour couper et scier le bois ! A notre époque de consommation, il faut beaucoup de débit pour qu’on puisse avoir du bois à peu près n’importe quand. On coupe donc les arbres un peu importe quand. Résultat, on sèche le bois dans des fours et on le colle pour qu’il ne travaille pas trop. Pour moi le bois est alors comme brutalisé et contient des produits chimiques.

Selon l’expérience de notre homme et l’expérience ancestrale [1] si le bois est coupé puis scié à la bonne date [2], il travaille peu, n’a besoin d’aucun traitement particulier !!! Ici un article qui parle de ça...

Il nous en fallait pas plus pour se décider à travailler avec lui.

Le 15 novembre 2010, notre bois a été coupé dans les hauts de Neuchâtel, et il attend d’être scié à une bonne lune, dès que nous aurons des sections. Mais pour ça, il faut aller voir le menuisier charpentier !

Notes

[1Il y a quelques décennies, on travaillait comme ça. Il fallait commander le bois quasi une année à l’avance !

[2Si j’ai bien compris, les dates se basent sur un calendrier lunaire.

La paille

Après quelques téléphones autour de chez nous, nous avons trouvé un agriculteur au Val-de-Ruz (env. 10km de chez nous) qui produit de la paille bio. Il a accepté de nous fournir nos bottes.

Bio, évidemment, pour éviter que nos murs contiennent des produits chimiques indésirables. De plus, selon une étude universitaire sur l’hygrométrie d’un mur en paille, il semble que la paille bio pourrit moins facilement (je vous laisse lire la thèse...).

Un problème de la paille bio est que les herbes parasites ont tendance à pousser dans le champ. Ce qui peut provoquer de la pourriture dans les murs. Par chance, notre agriculteur produit de la paille de « tritical ». Cette céréale étouffe naturellement les herbes parasites. Nous avons donc une paille bio et avec peu de mauvaises herbes. Soit d’une excellente qualité !

Design et techniques

Ma femme et moi aimons les vieilles maisons. Ce qui nous attire est surtout le cachet (poutres et pierres apparentes) qui rend la maison chaleureuse. De l’extérieur, nous aimons que l’aspect ne soit pas trop rectiligne (murs bien droits) et contemporain ; on aime les vieilles maisons quoi !
La paille, suivant comment elle est posée, permet naturellement de faire des murs irréguliers.

Notre choix de design se porte donc dans une maison qui à l’intérieur comportera des poutres et pierres apparentes, et pour l’extérieur, toit à 2 pans et fenêtres à volets et croisillons.

En ce qui concerne les techniques de constructions que nous utiliserons, nous avons pas mal visité, discuté, étudié, etc... Et voici les conclusions de ce qui nous correspond :

Premiers pas dans les détails : l’ossature bois

Aujourd’hui, nous avions rendez-vous - l’architecte et moi - avec le menuisier charpentier pour une première approche et déjà dégrossir le morceau.

Pour nous, il est très clair que nous voulons faire une ossature poteau-poutres et une charpente traditionnelle.
En gros, je ne veux pas m’occuper de la statique du bâtiment et de la charpente.

Le but est aussi de mettre le plus vite possible la maison hors d’eau (toit fini) afin de pourvoir attaquer les murs en paille et que donc la paille soit à l’abri.

Dans la discussion, nous avons constaté plusieurs problèmes :
 Comment faire le toit pour isoler avec la paille. Il faut dire que la paille fait 36 cm de hauteur et donc il faudrait des chevrons d’au moins 36 cm. Difficile de trouver des arbres qui le permettent.
 Nous aurons une baie vitrée arrondie d’un rayon de 2.55 m. Pour faire l’encadrement, nous allons faire du lamellé collé (ma foi, il y aura quelques grammes de colle...).
 Pour me faciliter la tâche, il faudrait mettre un minimum de contreventements (bras de force) dans les murs extérieurs.

Le charpentier va étudier ça et nous faire des propositions.

Changement dans la technique

Dans ce projet je vais être « coaché » par un professionnel de la construction avec une grande expérience dans la construction respectueuse - Pascal Pittet de Pittet Artisans - qui a déjà travaillé sur des maisons en paille.
Justement dans ce cadre de « coaching », la question a été soulevée de savoir si je voulais mettre la structure auto-porteuse (poteaux-poutres) à l’extérieur, à l’intérieur ou noyée dans les murs (mon choix de base) ? Et finalement en faisant le pour et le contre, on a décidé de mettre la structure à l’intérieur. Elle sera donc apparente à l’intérieur de la maison, ce qui peut avoir son charme !

Schéma de la poutre à l’intérieur
Les détails à la sauce SketchUp

Je crois qu’il est grand temps de faire les détails à fond !

Mon ressenti me dit que je dois construire virtuellement la maison et que je tomberai sur une bonne partie des ennuis que je pourrais avoir pendant la construction.

Je me suis donc décidé à utiliser Google SketchUp, programme de dessin en 3D (dont une version est gratuite) et je me suis mis à « construire » la maison en 3D.
Eh ben, vous voulez que je vous dise, ça marche bien ! Je vois plein de détails à changer : position des murs de maçonnerie, position des fondations, murs qu’on peut améliorer, quantités, volumes, etc...).
Du coup, j’ai investi dans la version SketchUp Pro qui contient un programme qui s’appelle LayOut 3 et qui permet de faire des plans imprimables (il faut dire que la version gratuite est minable au niveau impression). De plus, LayOut permet de prendre directement les vues de SketchUp ce qui centralise le dessin sur la 3D, puis je mets en page et cote sur LayOut (si je change quelque chose sur la 3D, c’est mis à jour dans LayOut).

Une vue 3D des détails
Plan de terrassement
Ceci est un exemple. Ce plan n’est pas complet...

Pour conclure, si vous vous impliquez dans les détails - ce qui à mon avis est nécessaire si vous faites de l’auto-construction - je pense que c’est important de modéliser votre maison (par maquette ou en 3D) avant de commencer quoi que ce soit. Ça vous évitera déjà plein de soucis.

Récupération d’eau de pluie

On a beaucoup retourné le problème, demandé des offres, évalué les besoins, réfléchi jusqu’où on allait dans le concept, etc...

 Notre première réflexion était : jusqu’où va-t-on ? Et on a décidé, dans un premier temps, d’utiliser l’eau de pluie pour l’arrosage, les toilettes, et la machine à laver. Mais de tout prévoir pour en plus l’utiliser pour l’eau potable. On prévoit donc entre 10 et 15 m3.
 Notre deuxième réflexion était : plastique ou béton ? Assez vite on a opté pour le béton, car il a l’avantage de supprimer l’acidité de l’eau ce qui sauvegarde la tuyauterie. Je sais, on veut un minimum de béton ;-), mais, comparé au plastique, pour nous, le choix est vite fait (le béton reste minéral).
 La troisième réflexion : intégrer les différentes idées qu’on a pu trouver au travers de ce qu’on a lu et discuté à gauche à droite ! Et là, il n’y a qu’un moyen, c’est de faire une partie par nous-mêmes (une fois de plus).
 La quatrième réflexion : trouver une solution tolérable financièrement ! Bon là clairement, on a pas trouvé...

Notre entreprise de génie-civil a aussi réfléchi pour nous et nous a proposé de faire une cuve avec des éléments ronds de 2.5 m de diamètre sur 2.5 m de haut, ce qui fait un volume de 12.27 m3, soit 12’000 litres. Si on met tout dans la balance, ben c’est l’option qu’on a choisie.

Pour la petite histoire, nous avons demandé des offres en France et si on avais construit en France, on aurait sûrement travaillé avec la société « Eau de France Rhône-Alpe » qui est très réactive et apparemment compétente (cf : d’autres forums qui en parlait).
Si on comptait les frais de transport, de levage (la pelle mécanique de notre terrassier ne pouvait pas lever la cuve) et de dédouanement, on y gagnait trop peu et en plus écologiquement parlant, c’était pas top (transport).

Fondations

Dans notre projet il y aura un minimum de béton. Pour ce faire, notre ingénieur (qui va dans le même sens) nous a conseillé et calculé ceci :
 Faire des socles en béton armé sous les descentes de charge de l’ossature bois.
 Puis faire des semelles filantes en béton armé sous les murs.

Socles et semelles
En bleu les socles et en rouge les semelles

A l’est de la maison (à droite sur l’image), il y aura aussi un mur de soutènement sous une terrasse. C’est pour ça qu’elle est plus large.

Au milieu de la semelle, c’est là que nous mettrons les tuyaux de drainage (ventilation) ainsi que le gros gravier (40/60) qui formeront le hérisson ventilé.

Sous-sol en terre cuite

Oui je sais, je sais, beaucoup de monde de la construction vont dire que de faire un mur enterré en terre cuite ça ne se fait pas, que le mur va bomber, que les briques ne vont pas tenir, etc... En plus, on ne va pas mettre d’étanchéité de type chocolat, goudron ou autre (le moins possible de pétrochimie quoi).

Le principe est toujours le même et il est basique.
Les règles sont :
 pas d’eau, pas de gel
 s’il y a de l’eau, il faut que ce soit aéré pour que ça sèche.

Donc, pour l’eau on va « verticaliser » le hérisson ventilé. C’est à dire qu’on va mettre une épaisseur drainante derrière le mur ainsi que des briques « filtra » directement contre les briques en terre cuite. On va aussi faire remonter les tuyaux de drainage verticalement afin de faire circuler l’air dans le hérisson.
Ceci aura pour effet de respecter les règles d’or ! Bon drainage = pas ou peu d’eau, ventilation = même s’il y a eau, il y aura alors séchage...
De plus ceci aura pour effet d’assainir la cave car même les murs de la cave seront perspirants.

Pour ce qui est de la statique, au début on voulait armer les briques avec des barres, mais vu que les briques type « ARMO » ne se font plus et que l’ingéniosité de l’ingénieur a été à notre service, voici comment on va faire.

Il y aura des nervures tous les 90 cm environ. Ces nervures seront tout de même renforcées à l’extrémité par des barres en acier.
Le fait de faire des nervures aura pour effet de déplacer les efforts de la terre en compression (ça donnera un effet de petites voûtes au mur), ce qui augmente drastiquement sa résistance. Le maçon devra aussi faire les joints verticaux avec le ciment, ce qui va aussi participer à la reprise des efforts.

Vue en 3D
On voit aussi bien les couches drainantes.

Et voilà, le tour est joué. Reste plus qu’à voir si ça marche ;-).

Murs en paille

Je crois que dans ce que j’ai vu dans la construction de maisons en paille, il y a autant de techniques que de constructeurs ;-) (c’est pas tout à fait vrai, mais ça m’arrange...).

Je n’échappe pas à cette règle. Pour les murs en paille, je me suis inspiré de plusieurs techniques existantes et je les ai mixées pour mes besoins. Ainsi je me suis inspiré :
 De ça http://www.dailymotion.com/video/x5dvcx_mur-en-paille-enduit-terre_lifestyle.
 De ça http://paille01.free.fr/spip.php?article83.
 Des différentes maisons que nous avons rencontrés ainsi que les conseils des auto-constructeurs que nous avons rencontrés.
 De mon « coach ».

Bref, voici le résultat de mon étude.

Tout d’abord je dois tenir compte du fait qu’on a décidé de mettre la l’ossature bois à l’intérieur des murs.
 Je vais faire des entretoises qui se trouveront entre les bottes avec des planches d’une section de 180 mm x 30 mm.
 Ces entretoises seront à fleur à l’intérieur du mur afin d’avoir une possibilité (faible, mais quand même) de faire des accroches dessus (tableaux, meubles ou autres).
 Afin de tenir les bottes [1] et d’éviter du tassement, je vais mettre des tasseaux vissés aux entretoises et tassées dans les bottes.
 Là où il y aura des encadrements de portes ou de fenêtre, les entretoises participeront à leur tenue.
 Les bottes de paille seront posées en compression. Le but est que la botte déborde devant l’entretoise et que la botte voisine débordant aussi, se rejoignent devant l’entretoise et ferment ainsi un éventuel espace non désiré.

Conception en 3D
On distingue tous les éléments cités ci-dessus.

Une fois les murs montés, il faudra enduire les bottes. Pour ce faire, je vais mendater l’entreprise Pittet Artisans qui se profile comme spécialistes dans ce domaine (entre autre). Ils ont une guniteuse par voie sèche et donc projettent la terre contre la paille. J’ai été voir une démo, et c’est vraiment génial ! Le fait de projeter la terre, permet de boucher directement les éventuels trous (à le fameuse jonction des bottes). De plus, Pittet Artisans ont testés un mélange efficace qui évite tout retrait (et donc fissures) et ce indépendamment du taux d’argile se trouvant dans la terre... Je pourrai donc utiliser ma terre. En fait, en mélangeant du plâtre à la terre (dans une certaine proportion), la terre n’a plus de retrait et sèche beaucoup plus rapidement. A ce mélange, nous allons ajouter des copeaux de paille (si je trouve le moyen de hacher assez finement ma paille en vrac) ou de chanvre.
Un autre avantage sera aussi que la pose de l’enduit sera très rapide : maximum une semaine.

Reste plus qu’à faire...

Notes

[1Par exemple quand on mettra l’enduis terre, si elles ne sont pas tenues, elle risquent de verser par le poids de la terre.

Cave voûtée

Nous avons décidé de faire des murs en terre cuite pour la cave enterrée pour minimiser le béton, nous n’allons donc pas faire un dalle en béton armé pour couvrir la cave et offrir une chambre à nos enfants ?!

L’entreprise Pittet Artisans a le savoir pour faire des voûtes sarasines en briques terre cuite. De plus les/ces voûtes sont magnifiques !

Ni une ni deux, on investi dans les voûtes...

Vue 3D en dessus de la cave
Il y aura en fait 3 voutes.
Vue 3D dans la cave
On se réjouit de la voir en vrai...

Les voûtes ont la particularité de répartir les forces, du coup il n’y a pas besoin d’armer et l’épaisseur de celle-ci reste fine.

Sur ces voûtes nous allons mettre du béton de chanvre pour faire la chape.

SPIP | | Suivre la vie du site RSS 2.0